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Vendredi 11 juillet 2003
: Rachid Nedjaoui
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Condamné le 22 janvier dernier à huit ans de prison pour deux braquages de banques, Antonio Ferrara surnommé "Succo" ou " Nino " s'était évadé de la prison de Fresnes dans la nuit du 11 au 12 mars. Un commando déguisés en policiers avait attaqué l'établissement pénitentiaire avec des lance-roquettes.
L'homme n'en est pas à sa première tentative, en août 1998, avec la complicité d'hommes cagoulés et armés, il était parvenu à s'enfuir par la grande porte de l'hôpital de Corbeil-Essonne où il venait d'être transféré. Il avait été rattrapé en juillet 2002.
Il est 21 heures. Installé à la terrasse d'un café situé près du palais omnisport de Paris-Bercy, Antonio Ferrara (29 ans) prend un verre en compagnie de deux autres grosses pointures fichées elles aussi au grand banditisme : Malek Bouabbas, condamné pour recel de vol et détention illégale d'armes et Hamid Hakkar, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans des affaires de règlements de comptes sanglants. Ce dernier en cavale s'était échappé en 1998 de la prison de Villepinte (Seine-Saint-Denis).
L'opération est menée de concert par l'office central pour la répression du grand banditisme (OCRB) ainsi que la brigade de répression du banditisme de la police judiciaire parisienne (BRD). Quarante policiers issus de ces deux services sont mobilisés pour cette arrestation.
Cela fait plusieurs jours, que les policiers sont parvenus à localiser Ferrera grâce à un véritable travail d'enquête, de filature et de traque effectué auprès de sa famille et de ses proches. Nino se déplaçait sans cesse ne dormant deux nuits au même endroit. Depuis plusieurs semaines, il se trouvait dans le sud de la France. Selon les policiers, son retour sur Paris aurait été motivé par la préparation d'un nouveau coup.
Pour échapper aux forces de l'ordre, ce professionnel du braquage et de l'évasion a changé son look. Il s'est fait refaire le nez, porte une barbiche à la d'Artagnan et s'est teint les cheveux en blond.
L'OCRB et la BRD se postent près d'un bar, " le Peanuts ", un café de la rue de Bercy. Pour les hommes de ces deux brigades particulièrement entraînés, il est essentiel que l'interpellation soit rapide ; l'homme est dangereux et sans doute armé. Dans ce bar où les clients sont nombreux, l'opération doit être sécurisée et il ne doit y avoir aucun échange de coups de feu. Pour y parvenir, les policiers comptent sur l'effet de surprise.
L'ordre est donné, et en moins de cinq minutes, les trois hommes sont maîtrisés. Antonio armé d'un pistolet automatique - un CZ tchèque - n'a pas eu le temps de dégainer. Les trois hommes sont munis de faux papiers d'identité de " bonne qualité ".
Retour à la case départ pour Antonio Ferrera qui a été incarcéré dès vendredi à la prison de Fleury après que le juge Jean-Paul Albert l'ait mis en examen pour évasion avec usage d'armes et d'explosifs, infraction à la législation sur les armes, complicité de tentative d'homicides volontaires avec préméditation à la fois sur des surveillants pénitentiaires et sur des fonctionnaires de police, destruction de biens avec explosifs en bande organisée, association de malfaiteurs et détention de faux documents administratifs.
Il a également été mis en examen pour port et transport d'armes de première catégorie dans le cadre de son arrestation.
Antonio peu loquace a seulement déclaré au magistrat : "je ne m'explique pas".
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