Les brèves de la campagne
Lionel
Jospin : le troisième homme.
Contrairement à ce que nous annonçaient les sondages, il n'y aura pas
de duel : Chirac/Jospin au second tour. La France pour la première
fois de son histoire aura un candidat d'extrême droite au second
tour des présidentielles.
Pas
de gauche au second tour.
Ce sera la deuxième fois, que la gauche est éliminée du second tour des
présidentielles. En 1969, le second tour voyait s'opposer un gaullliste,
Georges Pompidou et un centriste, Alain Poher.
Lionel
Jospin tire sa révérence.
Grand perdant de ce premier tour, Lionel Jospin se retire de la scène
politique. On peut cependant déplorer que le candidat socialiste ait malgré
tout préféré parler de son sujet favori : à savoir, lui-même.
Jacques
Chirac : un triomphe qui devra rester modeste!
Avec un faible résultat au premier tour (19.67%) Jacques Chirac
sera sans doute, le candidat le mieux élu mais aussi le plus contesté
et le moins désiré de la Vème République.
La
gauche fera son devoir le 5 mai.
En quête d'identité et de repère, la gauche plurielle se rendra aux urnes
et accomplira son devoir : faire barrage au Front National. Seule la candidate
de Lutte Ouvrière ne donnera aucune consigne de vote!
La
classe politique à déjà la tête ailleurs!
A peine les première estimations données, nos politiques
sont retournés à leur préoccupation favorite : préparer
les prochaines élections. Prendront-ils un jour, le temps de s'arrêter
sur ce que souhaitent les français?
La
nuit porte conseil et Roselyne Bachelot revient déjà sur
ses déclarations !
Alors qu'hier soir, Roselyne Bachelot, porte-parole du candidat Jacques
Chirac, toujours très prompte à faire des déclarations,
affimait fortement qu'avant le deuxième tour, il y aurait "un
débat parce que dans la tradition républicaine, il y a un
débat entre les deux candidats et Chirac fera le débat parce
que les Français ont le droit d'avoir un vrai débat. Même
si l'adversaire n'est pas celui qu'on aurait souhaité, on ne le
choisit pas", elle est revenue sur ses déclarations
sur l'antenne de RTL, ce matin même. "Je
doute que Jacques Chirac aille vers ce débat avec beaucoup d'appétit.
Il fera ce qu'il jugera bon", a-t-elle expliqué.
Elle a ensuite précisé que Jacques
Chirac "ne souhaitait pas ce débat". "Il
jugera dans les prochaines heures ce qu'il va faire. Un candidat doit
faire aussi ce qu'il a envie de faire", a-t-elle souligné.
Le Directeur de campagne de Jean-Marie Le PEN, Bruno Gollnisch, se dit
complètement scandalisé et trouve peu démocratique
cette absence de débat avant le second tour.
Les
français se mobilisent contre le candidat du Front National.
De nombreuses manifestations sont prévues toute la semaine contre
Jean-Marie Le Pen.
Mardi 23 avril 2002.
Victoire
annoncée : un raz de marée pour Jacques Chirac au second
tour.
Aucune mauvaise surprise pour le second tour, nous confirment les instituts
de sondage, Jacques Chirac serait élu avec 77 à 80% des
suffrages contre 20% à 23% pour Jean-Marie Le Pen.
Sondages
: peut mieux faire!
Un rapide calcul démontre que pas moins de 1 million d'électeurs
ont décidé de porter leur suffrage sur Jean-Marie Le Pen
sans pourtant attirer l'oeil de nos instituts de sondage. Visiblement,
le vote Extrême Droite n'est pas encore parfaitement maîtrisé
par les statistiques et les correctifs appliqués ne sont pas encore
à la hauteur de la réalité électorale.
Lionel
Jospin confirme sa décision de "quitter la vie publique".
Eliminé
du deuxième tour, Lionel Jospin tire sa révérence.
C'est naturellement François Hollande qui conduira la liste P.S
aux élections législatives des 9 et 16 juin prochains. Il
devient de ce fait, un des favoris pour le titre de premier ministrable
en cas de victoire de la gauche.
Une quatrième cohabitation toujours possible.
La droite redoute la perspective d'une nouvelle cohabitation. En dépit
de résultats semblant favorables à la droite classique (40%)
contre (30%) pour la gauche plurielle, l'inquiétude est nettement
de mise dans l'entourage présidentiel. Le score de Jean-Marie Le
Pen et ses intentions affichées tout au long de la campagne laissent
présager de triangulaires souvent redoutables pour la droite.
Le
retour du grand Parti du Président.
Jacques Chirac ne perd pas le nord. Hier au "Tapis Rouge", en
agitant le spectre de la cohabitation, il a invité la droite républicaine
à se rassembler et à présenter un candidat unique
dans les 577 circonscriptions. "Les partis sont obsolètes,
le système politique est à bout de souffle, il faut le reconstruire"
a déclaré Jacques Chirac à des sympathisants réunis
hier au "Tapis Rouge". Il renouvellera son appel le soir même
devant des parlementaires à l'hôtel Intercontinental à
Paris.
François
Bayrou reste définitivement contre.
Alain Madelin qui n'a pas le choix reste plus ouvert.
Il n'est
pas question pour François Bayrou d'accepter d'être absorbé
par un grand parti du Président. Son bureau politique tiendra ce
matin une réunion, à l'issue de laquelle, le Président
de l'UDF fera une déclaration. Alain Madelin avec 3.91% de suffrages
sort de ce premier tour considérablement affaibli politiquement
et passablement endetté. Celui qui devait se présenter "à
la place de Jacques Chirac" est obligé d'adopter aujourd'hui,
une attitude beaucoup plus "constructive" face au projet
de Jacques Chirac. Il ne sera lui, sans doute pas très difficile
à convaincre!