Lors de son point de presse du mardi 28 mai, Vincent Peillon avait fait part de son
inquiétude face à l’absence de débat pendant la campagne. La droite fait-il remarquer
en axant sa campagne presque exclusivement sur la cohabitation tente d’éviter tout débat, or ajoute-t-il : “nos
concitoyens souhaitent qu’il y ait débat et confrontation de projets, et expriment une
demande de politique”. Selon Vincent Peillon, c'est le manque de franchise du gouvernement Raffarin qui lui fait rejeter toute
confrontation d’idées.
Le lendemain, Dominique Strauss-Kahn revient sur le sujet en déplorant que “les
représentants de la droite fuient le débat. Il est donc quasiment impossible de
participer à des débats télévisés ou radiophoniques". Ce gouvernement qu’il qualifie
de “provisoire” est principalement cantonné à “des effets d’annonce depuis qu’il est en
place”.
Le 30 mai, Alain Richard et François Hollande sont revenus tous deux sur
l’opportunité d’un tel débat.
Ainsi, l’ancien Ministre de la défense a jugé nécessaire un débat entre la droite et la gauche
afin de clarifier le “choix démocratique pour les 9 et 16 juin”.
Le refus affiché du gouvernement n’a d’autre motif, selon lui que la volonté “ne pas s’exprimer sur leurs
intentions et sur leurs projets”.
Mais le PS ajoute-t-il, ne s’en laissera pas compter : “Nous continuons à demander et nous
redemanderons sans relâche ce débat en face à face jusqu’à ce qu’il ait lieu. Il faut
donc que M. RAFFARIN s’exprime, car les Français ont le droit de savoir ce que
sont les projets des uns et des autres”.
Et en attendant de pouvoir l’interroger comme il le souhaite, le PS s’engage à poser
chaque jour une question précise au nouveau gouvernement :
- La première question concerne le financement du passage de la consultation à 20
euros. Y aura-t-il oui ou non une augmentation de la CSG?
Si Monsieur Dutreil l'a qualifiée de “prévisible”, M. MATTEÏ a démenti
affirmant de façon catégorique qu’il n’y aurait aucune augmentation.
Or souligne M. Alain Richard, M.MATTEÏ n’est pas seul compétent pour répondre à
cette question, précisant qu’il était nécessaire sur ce point précis “d’avoir l’arbitrage
de M. FILLON, ministre des Affaires sociales qui a la responsabilité globale du
financement de la Sécurité Sociale, et celle de M. MER, en tant que ministre des
Finances”.
Pour le PS, la question reste d’actualité, les socialistes attendant aujourd’hui que
“M. RAFFARIN dise quelle est la position du gouvernement sur l’augmentation de la
CSG”.
- La deuxième question porte sur l’amnistie :
quelles sont les intentions du
gouvernement dans ce domaine? interroge encore Alain Richard.
Un projet de loi étant en préparation, les socialistes s’interrogent :
“Ce projet de loi englobera-t-il des délits à caractère financier ou politico-financier
?“ Sur cette question aussi, le PS veut obtenir des réponses précises.
“Nous avons tous le droit de savoir (...) et M RAFFARIN doit éclairer les
Français sur cette question”.
François Hollande invité de l'émission "Législatives2002" sur France 2 le 30 mai
dernier, a insisté quant à lui sur la nécessité "d'avoir un débat : projet contre projet"
pour permettre aux Français de choisir une vision politique qui se préoccupe "de leur
vie quotidienne". Il a vivement dénoncé lui aussi, la campagne menée par la droite
cherchant à "asphyxier, endormir la campagne comme s'il n'y avait pas d'autre enjeu
que le seul débat de la cohabitation". Il a déclaré qu'il y avait urgence à "faire des
législatives autre chose que le débat raté de la présidentielle".
Il a fustigé contre un gouvernement qui est en campagne mais qui reste cantonné dans des "effets
d'annonces, des promesses, des intentions mais n'a pris aucune décision" tout en
déplorant le manque de débat depuis un mois.
"Le gouvernement est totalement en campagne, allant tous de meeting en meeting" et
"son chef refuse un débat politique devant tous les Français". "Le pire sera que le
débat dans cette campagne ne se produise jamais", "une confrontation projet contre
projet est nécessaire" car "nous devons parler aux Français d'autre chose que d'un
point de question institutionnelle", "il s'agit de la vie quotidienne des français" a-t-il
conclu.
Les français qui ont été privés du traditionnel débat présidentiel avant le second tour
pour cause de “danger républicain” en seront-ils privés également au second tour des
législatives pour “danger de cohabitation”?