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PORTRAITS
Patrick Balkany : le retour de l'homme au cigare.

Patrick Balkany celui sur qui personne ne pariait un kopeck à la veille des élections de 2001 s'est payé dix-huit mois plus tard, une réélection dans un fauteuil dans sa bonne ville de Levallois Perret


Jeudi 26 septembre 2002

Francis Lemaire



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En mars 2001, Patrick Balkany estimant ne plus être inéligible, revient dans sa bonne ville de Levallois et repart, sans aucun soutien politique, à l'assaut de la mairie puis de son siège de député.

 

Apparemment, rien ne résistait à ce Directeur de Société, docteur en sciences économiques né le 16 août 1948 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).
Les mandats, il les collectionnait:
- Conseiller général (RPR) de 1982 à 1988,
- Maire de Levallois Perret ( une ville de 54633 habitants qu'il enlève aux communistes)
de 1983 à 1995, - Président de l'Office départemental
des HLM des Hauts-de-Seine de 1985 à 1988,
- Député de 1988 à 1997.
Mais suite à des démélés judiciaires, il perd successivement tous ses mandats et semble être éliminé du circuit politique. En 1997, il est condamné à 15 mois d'emprisonnement avec sursis et 200 000 francs d'amende pour avoir fait travailler des employés municipaux à son domicile privé. Le sort semble s'acharner, ainsi il va nourrir la presse à scandale lorsque sa maîtresse l'accusera de l'avoir forcé à faire une fellation sous la menace d'une arme, en l'occurence un 357 magnum. Sa femme Isabelle le quitte temporairement. Sonné, il préfère se mettre au vert et entre 1997 et 1999 se réfugie même, sur l'île caraïbe de Saint-Martin.
Personnage haut en couleur, le Maire de Levallois aime le sport qui est déclaré "priorité municipale" et n'est pas avare de bises sonores qu'il distribue aux mamies qu'il "adore", aux femmes et aux enfants qu'ils dorlotent. Amateur de blagues bien grasses, c'est aussi avec délectation qu'il va trinquer dans les bistrots de la ville où "il n'est pas en reste pour payer sa tournée" et où il "descend sec" selon les habitués. "Homme de contact" pour certains, "populiste" pour d'autres, il reste, même une fois élu, toujours bien présent parmi les habitants.
Avec les Balkany, les conseils municipaux sont toujours très suivis et ils sont nombreux à se presser dans la salle pour écouter les plaisanteries de leur député-maire. Dans les tribunes, on applaudit à tout rompre. Parfois, des coups peuvent même être distribués à l'encontre de ceux qui dans l'auditoire réclament le silence ou un peu plus de dignité. Comme me dit l'un de ses militants : "c'est comme cela à Levallois!" Mais Patrick Balkany est rapidement très contreversé au sein de son mouvement d'origine, le RPR. En 1995, il soutient la candidature d'Edouard Balladur. Il ne mache pas ses mots même si l'on peut dire qu'il ne fait pas dans la dentelle : ainsi, lors d'une réunion publique, il n'hésite pas à affirmer que Jacques Chirac a "manqué de couilles" en refusant Matignon en 1993. Après la défaite d'Edouard Balladur, les mesures de rétorsion de la haute chiraquie se mettent en place et Patrick Balkany ne sera pas épargné. Ce sera pour lui, le début d'une longue traversée du désert.

En 1995, Jacques Chirac décide de parachuter un de ses amis, l'avocat Olivier de Chazeaux sur la ville de Levallois. Le challenger parvient à le chasser de la Mairie et en 1997, le même de Chazeaux enlèvera à M.Balkany, son mandat de député. Le nouveau maire tentera de rompre avec ce qu'il appelle la gestion du clan Balkany. Terminé, les R25 garées devant la mairie, les réceptions dans la grande salle des fêtes, les cadeaux aux mamies. Mais même s'il est honnête, travailleur, il ne parviendra jamais à se faire aimer des Levalloisiens. Et ces derniers commencent franchement à regretter le temps des "Balkany" et notamment l'énorme présence imposante de leur ex-maire, ses plaisanteries, sa politique sécuritaire. (Il fut le premier maire de France à armer sa police municipale).

En mars 2001, Patrick Balkany estimant ne plus être inéligible, revient dans sa bonne ville de Levallois et repart, sans aucun soutien politique, à l'assaut de la mairie puis de son siège de député. Rien ne semble pouvoir ébranler sa détermination et il va se lancer à corps perdu dans la bagarre.
Pourtant à ce moment précis, Patrick Balkany est un homme seul, d'une part, Charles Pasqua, dont il fut un proche collaborateur au ministère de l'intérieur, l'a abandonné et d'autre part, le RPR l'a lâché dès février 1997 en l'excluant définitivement. Dés lors, personne ne croit plus en sa victoire sauf lui bien évidemment ainsi que son épouse Isabelle. Mais malgré tout, il "sent bien" qu'il est toujours aussi populaire dans sa ville et en parfait connaisseur du terrain, il a conscience que le courant n'est jamais vraiment passé entre son concurrent, Olivier de Chazeaux et les électeurs. Il mènera sa campagne "seul contre tous" sous les colibets qui fusent à droite comme à gauche, à chaque passage du candidat le traitant entre autres "d'escroc" et autres noms d'oiseaux. Mais il en faut plus à Patrick Balkany pour qu'il renonce.

Au terme d'une campagne plutôt dure, il retrouve son siège avec 43% des suffrages mais sa victoire sera de courte durée. Le Conseil d'Etat invalide cette élection considérant que, dans le cadre de l'affaire qui lui avait valu sa condamnation, Patrick Balkany était toujours en 2001 "comptable de fait des deniers de la commune". La Haute Juridiction ajoutant en outre, que le maire devait toujours de l'argent à la commune. Ce que l'intéressé dément.

Mais Patrick Balkany ne se laisse pas abattre et il se présente en juin dernier pour reconquérir son siège de député. Il sera réelu et retrouvera le chemin de l'Assemblée Nationale où il est membre de la commission des affaires étrangères, et où il siège en tant que Non-Inscrit. Une fois son éligibilité retrouvée, il ne lui reste qu'à se représenter à la Mairie. La campagne reprend mais cette fois, Olivier de Chazeaux a jeté l'éponge. C'est son adjoint aux finances, Olivier de Précigout qui ira affronter Patrick Balkany.

La campagne sera survoltée. Entre les deux prétendants de droite, régne une ambiance guerrière. Sur les marchés, les insultes fusent : «Voleur, crapule, il faut libérer Levallois.» En face, le clan Balkany rétorque "salut les travelos, les précieuses ridicules, retournez à la cour de Versailles !" Quant à la candidate PS Elisabeth Gourevitch, résignée, elle préfère compter les points.
Dans cette sale ambiance, Patrick Balkany est comme un poisson dans l'eau, et il ne compte ni son temps, ni ses promesses. il dorlote dans le sens du poil, tout ce qui possède une carte d'électeur. Face à lui, le pauvre Olivier de Précigout fait pâle figure, mais il croit en sa chance, se plaint de ce que ses panneaux d'affichage ont été enduit de cire d'abeille pour que "ses affiches ne collent pas". Il prêche le "retour à l'ordre moral, la transparence, la droiture" pour la ville. Mais les électeurs ne sont pas convaincus et le trouve "sans réelle personnalité ou sans vraie saveur". Personne ne peut arrêter ce rouleau compresseur que représente un Patrick Balkany en campagne. Pas même les bouillonnants Noël Mamère et Arnaud de Montebourg qui malgré leur visite, n'ont pas réussi à inverser la tendance en provoquant le sursaut à gauche qu'ils appelaient de leur voeu. La candidate PS, Elisabeth Gourevitch n'a obtenu que 18,61%. Les Levalloisiens ont réinstaller Patrick Balkany dans son fauteuil de maire et cette fois dès le premier tour de scrutin avec 53,78 % des suffrages même si ce score doit être relativisé par un très fort taux d'abstention (45,6 %). Il revient de loin le Maire de Levallois et même s'il reste mis en examen dans l'affaire des marchés truqués de l'office HLM, dont il était le président, il peut espérer aujourd'hui obtenir un vrai retour en grâce du fait que l'UMP n'a présenté personne contre lui. En effet, son rival, Olivier de Précigout, qui se réclamait de l'UMP n'a pas obtenu l'investiture nécessaire ce qui a sérieusement compromis ses chances de succès. En attendant, les Levalloisiens lui ont pardonné et comme nous l'a dit un de ses militants: "Patrick a payé sa dette à la société et il faut l'aider à se réinsérer maintenant!"

Pour le contacter :

Adresse électronique : pbalkany@assemblee-nationale.fr

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