Procès Trois ans après
C'est mardi en fin de matinée qu'a débuté devant la Cour d'assises d'Evry, le procès des cinq jeunes accusés d'avoir mené le 8 décembre 2000, une expédition punitive contre un quartier rival qui s'est terminé par la mort tragique d'un adolescent de 14 ans.
C'est aux alentours de 11 heures ce matin et dans une ambiance tendue que le procès d'Aurélien Legrain, Moktar Dris, Sofien Hassnaoui, Ouicem S'Hili et Fabrice Adenor, tous issus du quartier des Epinettes d'Evry, a pu débuter.
Ils sont quatre dans le box a être jugés pour assassinat, le cinquième comparaissant pour complicité.
Trois ans déjà qu'ils ont mené cette opération punitive contre ceux du Canal à Courcouronnes qui s'est soldée par la mort tragique de Romuald, un jeune de 14 ans qui n'avait qu'un seul défaut : habiter dans le quartier rival.
Ils sont cinq à pénétrer ce matin, dans le box : quatre sont jugés pour assassinat et le cinquième pour complicité, il a dissimulé l'arme après le crime. Seul Moktar, passager arrière de la voiture d'où le coup de feu a été tiré se présente libre à l'audience.
Pendant huit jours, les jurés vont devoir tenter de pénétrer dans un monde à part, dans deux quartiers distants de 800 mètres où quelques jeunes se livrent une guerre sans merci. Ils vont devoir aussi essayer de comprendre cette haine qui les unit dans une même violence.
Un procès qui se tiendra sous l'œil attentif de Léontine Régina, la mère de Romuald qui ne s'est jamais départie de sa dignité mais qui espère obtenir la réponse à la question qu'elle se pose depuis trois ans : pourquoi ?
" Elle sait bien qu'elle n'aura pas d'explications à cette mort si injuste. " déclare Me Michel Stansal, son avocat.
La mort du jeune Romuald est intervenue alors que de nombreux affrontements opposaient régulièrement les jeunes de ces deux quartiers rivaux.
Le procès devrait durer jusqu'à mercredi prochain. Après la mise en place des jurés et la lecture de l'acte de renvoi, la cour devrait examiner dans l'après-midi, la personnalité des cinq accusés.
Le procès doit en principe durer jusqu'à mercredi prochain.